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La tendance vegan gagne la déco !

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Vegan rigoureux ou simple citoyen soucieux d’améliorer l’éthique de ses pratiques, les Français sont de plus en plus friands des matières végétales et respectueuses de l’environnement. En déco comme en mode, les marques commencent à se positionner.

La tendance dans l’alimentation, avec des restaurants et des magasins qui se sont spécialisés, est bien installée. On sait aussi désormais que de nombreuses marques de cosmétiques se sont mises au bio et au vegan. La mode se réinvente et plus récemment, la déco semble vouloir s’adapter aux nouvelles mœurs.

De Starck à Bensimon : des collections en matières végétales 

Selon Franck Millot, directeur de la Paris Design Week qui s’est tenue début septembre dans la capitale, la déco véritablement vegan est encore un « phénomène anecdotique ». En revanche, l’expert note une vraie tendance pour le design durable, avec la logique du respect des ressources de la planète et l’« upcycling », c’est-à-dire le fait de détourner des objets existants pour les recycler avec une autre utilité. Ou simplement du style pour le plaisir de la déco ! « Il y a une vraie recherche d’innovation et de respect de la nature. Je pense à l’expérimentation de Philippe Starck pour la marque Cassina qui a réussi à fabriquer un canapé dans une matière avec l’aspect d’un très beau cuir, précieux, mais avec de la pulpe de pomme ! », donne en exemple le spécialiste du design. Pour la neuvième édition de la Paris Design Week, Michel Haillard a présenté, lui, une collection tout simplement appelée « Vegan » de sièges originaux en lianes et bois divers, chanvre ou encore écorces. Alors même que le designer s’est fait connaître pour son amour des peaux de bêtes et ses fauteuils « fastes et rustiques ». « Place à la sagesse non moins puissante du végétal et du minéral », s’est-il réjoui en présentant son nouveau travail.

Des canapés sans cuir, des coussins sans soie, des bougies sans cire d’abeille ou encore des chambres sans plumes, plusieurs marques sentent venir la tendance et se positionnent. La belle mèche parfume par exemple l’atmosphère sans polluer avec des bougies françaises, originaire de Grasse, à la cire de soja. Serge Bensimon propose des coussins en lin, une fibre végétale au fort potentiel dans les années à venir. Nombre de marques comme Hema ou Habitat se sont également mises à la très tendance vaisselle en bambou. Et même le mastodonte Ikea propose désormais des pièces respectueuses, bien qu’elles imitent parfois par exemple un tapis en peau d’ours.

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Le duvet, la laine et la cire à bannir

Pour s’y retrouver lorsque l’on veut décorer sa maison sans exploitation animale, il faut savoir qu’il faut faire un grand tri et se séparer de bon nombre de matières. Les fourrures, le cuir et le crin de cheval sont évidemment à bannir mais aussi la laine, le duvet, la soie, les plumes… Car il ne s’agit pas seulement de se passer de matière animale mais aussi d’éviter l’exploitation de ces animaux pour la fabrication de matière, comme le miel et donc la cire. Même lorsqu’elle n’entraine pas la mort de la bête.

Les matières synthétiques, auparavant peu populaires dans le design haut de gamme, pourraient donc se faire une place au soleil, tout comme c’est déjà le cas pour les matières végétales. Si l’on mise sur des imitations, on peut par exemple remplacer le cuir par le skaï, crée à partir de feuilles d’ananas la plupart du temps.

Mais les plus soucieux de la cause animale préfèrent souvent éviter aussi les imitations, afin de ne pas entretenir le culte du cuir par exemple, de la fourrure ou des peaux de bête. Ainsi, on peut choisir en toute tranquillité un jonc de mer ou du sisal pour le sol, du fer et du verre pour la cuisine et la salle de bain, du coton et du satin de coton pour les textiles. Face à une demande de plus en plus forte dans ce domaine, les marques proposeront bientôt une grande diversité qui devrait ravir les adeptes.

Dans l’atelier du tapissier de Saint-Leu-La-Forêt

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