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Paris Design Week 2019 : les grandes tendances

Quartier St Germain-Knoll International. Crédit image: Paris design week

A l’occasion de la Paris Design Week, qui se déroule du 5 au 14 septembre dans la capitale, retour sur les phénomènes à suivre avec son directeur, Franck Millot.

Pour la neuvième fois, la Paris Design Week réunira bientôt pendant dix jours des milliers de professionnels et d’amateurs d’architecture d’intérieur au cœur de la capitale, en écho à l’ouverture du salon Maison & Objet. L’occasion de disséminer un peu partout dans la ville des installations et des références à l’art de vivre, à découvrir lors de déambulations dans les ruelles mais aussi dans des hôtels et des lieux ouverts au public uniquement pendant cette semaine. En attendant, le directeur Franck Millot décrypte pour nous les orientations actuelles du design et nous guide sur les mouvements à suivre.

Quelle est la grande tendance du moment ?

Franck Millot : Sans hésitation l’hybridation, au point d’en avoir fait un thème central de notre neuvième édition. C’est la logique d’avoir des meubles qui ont plusieurs fonctions ou qui peuvent s’adapter à plusieurs types d’espace. C’est un mouvement que l’on voit beaucoup au travail, avec le développement des open spaces et du co-working. Il s’agit d’être à l’aise, comme à la maison. On observe l’imbrication des espaces et des codes domestiques aux espaces de travail. Lorsque des designers travaillent pour des entreprises, ils conçoivent désormais des salles où ils intègrent du mobilier que l’on mettait auparavant uniquement à la maison, des luminaires, des suspensions, des grands poufs type Fatboy, un babyfoot… Tout cela concourt au bien-être des salariés, c’est un mouvement inspiré du monde de la start-up, de la Californie et des Gafa. L’hôtellerie s’amuse aussi beaucoup de cela désormais.

Y a-t-il des designers qu’il faut particulièrement suivre pour voir cette tendance se développer ?

F.M. : Le collectif de jeunes designers Ublik investit pour la Paris Design Week la cour de l’Hôtel de Soubise des Archives nationales pour y installer un tabouret de cinq mètres de haut. Ils vont faire sensation car ils ont beaucoup de talent et ils sont attachés à cette idée de multiples fonctionnalités de l’objet, ici transformé en monument pour l’exposition.

Il y a aussi bien-sûr Matali Crasset, qui a un très beau parcours dans cet esprit-là du mobilier malin, adaptable, qui s’intègre dans des espaces. Le jeu qui motive cette tendance, c’est le gain de place en ville. Il faut jouer avec les modularités.

Enfin je dirai les élèves de l’école d’Oslo Aho, dont plusieurs présentent des installations rue de Verbois, près du Musée des Arts et métiers. Globalement d’ailleurs, la Paris Design Week est l’occasion d’une balade dans la capitale à la découverte d’œuvres mais aussi de lieux qui ne sont parfois ouverts et accessibles que pour cette occasion.

Y a-t-il toujours une patte française dans le design ?

F.M. : Oui, d’abord le design français se caractérise par la qualité de l’enseignement et des écoles, parmi les meilleures au monde. Les designers français sont très cherchés, notamment par les Italiens ! Il y a une excellence reconnue qu’on ne retrouve pas ailleurs. Sur le style, il y a deux traditions bien vivantes chez nous. Les arts décoratifs d’abord tandis que le design français s’inscrit dans une filiation autour des savoir-faire, la recherche de l’excellence des matériaux, une recherche l’exigence des formes, la beauté des formes. Je pense à Noé Duchaufour-Lawrance ou à Philippe Nigro… Il y a beaucoup de modernité mais qui s’inscrit toujours dans la tradition. Enfin, l’autre aspect très français, c’est la tradition du design industriel, les collaborations entre designers et industriels sont très implantées.

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